Pour toi...

J’aimerais que tes yeux si clairs de tendresse
Happe de mon regard l’Angeline lueur,
Et que tu y découvres les plus grandes richesses
Que tu eusses espéré trouver en aucun cœur.
Et que le tourbillon un court instant s’arrête
Pour ne laisser que nous dans un jardin de bonheur ;
Où s’efface le temps, où l’âme du poète
Toute faite d’amour, n’est que pure grandeur.

J’aimerais mon regard dans le tien, si fragile
Que plus un seul oiseau n’oserait murmurer ;
Et m’abreuver de toi, frémissante et tranquille…
J’aimerais que ta grande main, forte et tremblante,
Prenne mes doigts menus, et tièdement les serre.
Et sur ton cœur battant les poser, languissante
Abandonnée au feu du désir, tout entière.

Je voudrais que ta bouche tout doucement s’approche,
Fraîche et délicate comme brise de main.
Que mes lèvres rosies des tiennes se rapprochent
Jusqu’à les effleurer de satine sucrée
J’aimerais que tes bras m’abritent protecteurs
Sur ta large poitrine, et écouter ton souffle.
Me blottir, éperdue, dans ta tendre chaleur,
Et me cabrer d’envie, et de caresses souples.

O, mon amour, je veux boire l’eau de ta bouche
Longtemps, longtemps, longtemps, jusqu’à l’éternité.
Enfouir mes mains dans tes boucles farouches,
Abandonner mon cou, mon sein à tes baiser.
J’aimerais essuyer de ma langue câline
La sueur de ton corps, ainsi que larmes d’ange
La rosée de ton front, en perles cristallines.

Et me remplir de toi en de divins échanges
Je voudrais m’enivrer du parfum de ta chair
Et que mes blanches mains délectent ta peau nue.
T’offrir la douceur de ma cambrure fière
Frissonnante de joie sous ton ventre tendu.
Ensemble, respirer au ciel du plaisir…
Lorsque l’astre de feu enflamme le couchant
Retrouver ces couleurs extrêmes en nos délires,
Et puis pleurer d’amour, tous deux en même temps
.