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Je
me tiens en équilibre sur un fil électrique.
Je ricane en faisant le bouffon auprès des amis.
Je grimace devant l’enfant ébahi.
Je me déguise en pitre en des cris diaboliques.
J’immerge
mon corps le plus longtemps possible.
Je râle de plaisir dans ma nudité d’un Apollon fatigué.
J’invite des oiseaux qui s’envolent loin de l’imbécile
Que je suis tout en fredonnant un air désabusé.
Un
bel édifice dans une cité morbide de pollution.
Une alarme… je déclenche le processus de la peur.
Les gens hurlent, se bousculent :
de bons acteurs
Pour un film d’action et moi , je quitte sans punition.
Je
coupe avec attention de belles fleurs sauvages.
Une belle Dame réside dans une maison de Fée.
Je lui apporte à tous le matins douze bouquets en gage
D’un amour secret. Je ris
quand je la vois toute éberluée.
Il
fait froid dehors, un vent glacial et peu invitant.
Pourquoi ne pas réchauffer la nature frileuse et indécise?
Là-bas, un sous –bois… une seule allumette en crise.
Je l’allume! Le feu jaillit et j’en suis fort content!!!
Un
dimanche, les gens s’attroupent à l’intérieur.
Le curé du haut de sa chaire bénie et solennelle
Entame son sermon et moi, je me lève sans peur
L’imitant avec emphase dans son humble chapelle.
Un
étang solitaire d’une eau fraîche à la baignade,
Des jouvencelles aux seins minuscules arborent le nu.
Et moi, je me faufile saisissant leurs vêtements menus.
Elles sortent de l’eau… je les regarde dans leurs cris en chamade…
Une
vie frisant le ricanement aux dépens des humains.
Ma vieillesse se résume dan un isoloir de la mort.
L’infirmière a soif! Je
lui donne un verre de ma main.
Heureuse, elle boit de mon nectar le crachant avec effort.
Oui
je suis un Fou joyeux qui ne respire plus.
Mon visage s’est figé dans un rire plastifié.
En descendant mon cercueil, de gros rats béatifiés
Sautèrent sur le Curé et moi m’esclaffant dans les nues…
André
Labrosse

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