Un fou malheureux!

Je déterre les morts des cimetières
Pour qu’ils puissent mieux respirer.
Je leur offre mes vêtements pour se réchauffer
Dans ce froid indigeste pour leur faible chair.

 

Je réunis dans un lieu anonyme mes « supposés amis ».
Je les regarde vantant mon écriture, ma facilité…
Me retournant, je saisir un revolver pour les tuer.
Chaque coup est une délivrance vers l’hypocrisie.

 

Ma tête se balance cherchant un point d’appui.
Cœur lourd dans le mystère, je scrute le ciel.
Je fixe un vide inanimé, sordide venelle;
Sanglots sans rien comprendre, indécis.

 

Je bouscule pour maudire l’intelligence des pantins.
J’étouffe le malaise pour le retirer aux malheureux.
Je chasse les ricaneurs auprès des anxieux.
La rage balaie la faiblesse de mes chagrins.

 

La nuit , je me réveille dans un état féroce.
Je piétine les fossés en hurlant mon désespoir.
Torse nu, le couteau déchire la peau de mon armoire.
Tout s’envole! La raison est médiocre, trop précoce.

Le matin, douleur morale d’un autre soleil
Qui éveille mes sens sachant la tristesse de mes pas.
La routine non motivée qui sonne le glas.
L’espoir d’une tête basculée rêvant de merveille.

 

Le Fou est malheureux dans l’attente d’une mort.
Désir immense que tout s’achève dans un vin rouge.
Le Fou est fou tout simplement et je bouge
Car le cœur est fou et il vit encore!!!

 André "Épervier" Labrosse

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